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Un autre monde (du travail) est possible…

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Un autre monde (du travail) est possible…

On May 18, 2020, Posted by , In News, With No Comments

Cadences infernales, surmenage, stress, harcèlement… Le lieu de travail n’est pas toujours de tout repos. A l’heure où la flexibilité revient à la mode, une étude australienne souligne les liens entre insécurité du travail et dépression. Un autre monde du travail est possible…

“Et les conditions de travail ? On en parle !“ déclamait uneancienne campagne de sensibilisation du ministère dutravail. Et bien, ce slogan pourrait être repris en cœurpar les chercheurs australiens à l’origine d’uneétude originale.Un job d’enfer ou un enfer de job ?Pas moins de 1 188 employés âgés de 40 à44 ans (55 % d’hommes, 45 % de femmes) ont été inclusdans cette étude. L’essentiel de ces personnes étaitcadres, techniciens, professeurs, médecins ouinfirmières. C’est pourtant à cette classe que l’onpourrait qualifier de “économiquementprivilégiée“, que l’équipe australienne duProfesseur D’Souza1 a soumis à des interrogatoires sur leursconditions de travail, leur perception del’insécurité du travail, ainsi que desévaluations de leur santé mentale(anxiété, dépression, perception de leursanté mentale et physique…). Bien que les mauvaisesconditions de travail soient assez répandues (23 % del’échantillon ont rapporté un stress professionnel),seuls 7,3 % considèrent être victimes d’une forteinsécurité de l’emploi, et 23 % d’uneinsécurité “modérée“.
Résultat de l’analyse des interrogatoires : le stress etl’insécurité au travail sont des facteursprédictifs de mauvaise santé mentale et mêmephysique. Ces associations persistent même après avoirtenu compte du sexe, du niveau d’éducation, du statutmarital, du poste professionnel, des événementspersonnels et de certains traits de personnalité (affectnégatif notamment). Pris isolément, le stressmultipliait par plus de deux les risques de dépression etpar plus de trois le risque de l’anxiété.
Mais plus étonnant encore : indépendamment du stress,l’insécurité de l’emploi multiplie par plus de troisl’anxiété, la dépression et une mauvaiseperception personnelle de l’état de santégénéral ; et par plus de deux une mauvaisesanté physique déclarée !Lutter contre l’insécurité professionnelle, unenouvelle priorité ?Le Bureau International du Travail (BIT) avait examiné lesrelations entre le travail et les conséquences sur lasanté mentale2. Après avoir étudié cinqpays (Allemagne, Etats-Unis, Finlande, Royaume-Uni et Pologne), lerapport constatait entre autres que l’anticipation du départà la retraite pour cause de troubles mentaux est de plus enplus courante. Certaines particularités nationales ont puêtre mis en lumière : 10 % des américainsétaient touchés par la dépression, lamoitié des finlandais présentaient dessymptômes de stress, 7 % des départs en retraiteallemands sont dus à des dépressions, 30 % dessalariés anglais ont chaque année desproblèmes de santé mentale…Et les patrons devraient se soucier de ces conséquences,tant sur le plan humain que sur le plan économique. Lecoût de ces troubles mentaux n’est pas négligeable.Ils sont à l’origine d’une baisse de la productivitéet des profits, d’un turn-over plus fréquent, avec les fraisde recrutement et de formation que cela comporte. Prendre soin deses employés permettrait de faire des économies. Uneévidence pas toujours facile à faire passer…Pourtant, les arrêts de travail dus à des troublesmentaux coûtent chaque année 200 millions dejournées de travail aux Etats-Unis, soit la bagatelle de 30à 44 milliards de dollars.Selon le rapport du BIT, ce problème commence àêtre pris en compte de plus en plus sérieusementOutre-Atlantique. Force leur est donnée de constater que lesmaladies dépressives représentent le gros desdépenses occasionnées par les problèmes(médicaux) de santé mentale et d’invalidité.Beaucoup d’employeurs, conscients du rapport qui existe entresanté et productivité, enrichissent leursstratégies de gestion de programmes qui aident lestravailleurs à résoudre leurs problèmesprofessionnels, familiaux et existentiels.Un autre monde (du travail) est possible…Loin d’être un groupuscule altermondialiste, le BIT proposeune explication à cette tendance planétaire :“Certains traits communs semblent relier la forte prévalencedu stress, du surmenage et de la dépression aux changementsqui se produisent sur le marché du travail et qui sont enpartie la conséquence de la mondialisation del’économie (…) Certes, cette évolution a eu deseffets positifs en ce sens qu’elle a réduit la monotonie etfavorisé l’autonomie et la participation des travailleursà la prise de décisions, mais elle a aussiengendré le stress résultant del’accélération du rythme de travail, des contraintesde délai et des exigences nouvelles concernant laqualité et la quantité de la production“. Mêmesi le constat est là, les uns et les autres auront du malà s’entendre sur les solutions à apporter : diminuerle stress ou apprendre à mieux le gérer, etc.Le stress a même été accusé de favoriserles maladies cardiovasculaires3 ou les souffrances fœtalespour les femmes enceintes4… Alors pour vous détendre unpeu, pourquoi ne pas échanger quelques points de vue sur nosforums ou vous reporter à nos dossiers anti-stress ?David Bême
1 – J Epidemiol Community Health. 2003 Nov;57(11):849-54.
2 – Mental Health in the Workplace – Phyllis Gabriel -International Labour Office – Geneva
3 – Epidemiology 2001;1280-1285
4 – Aust N Z J Obstet Gynaecol. 1999 May;39(2):144-51Click Here: gold coast suns 2019 guernsey

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